Le chercheur en économie et finance Abdelkader Boudriga a souligné la résilience des petites et moyennes entreprises (PME) en Tunisie, notant qu’elles continuent d’investir malgré les difficultés économiques, ce qui représente un atout majeur pour le pays. Et ce dans une déclaration sur les ondes de Mosaïque fm, ce mardi 18 février 2025. Il a insisté sur la nécessité de réformes et de politiques de soutien pour renforcer ces entreprises.
Abdelkader Boudriga a expliqué que le développement des PME augmente leurs capacités d’exportation et de création d’emplois. Il a suggéré de se concentrer sur l’accompagnement des PME afin que 80 % d’entre elles puissent employer plus de 100 personnes, contrairement à la situation actuelle où la majorité des PME emploient moins de 20 personnes. Ces remarques ont été faites lors de la présentation des résultats de la 7ème édition de l’indice MIQYES, qui évalue la santé des PME et leur accès au financement.
L’économiste a également souligné la faible proportion de femmes à la tête des PME (12 %), comparativement à leur présence dans les universités et leur contribution à l’économie. Il a plaidé pour un soutien accru à ces entreprises dirigées par des femmes, car elles présentent un fort potentiel d’exportation et de création d’emplois, bien qu’elles investissent plus prudemment.
Abdelkader Boudriga a mis en avant la nécessité de trouver des alternatives au chèque comme moyen de paiement, car 80 % des PME utilisent le paiement différé. Il a suggéré de nouvelles solutions de financement pour les entreprises qui ne bénéficient pas du système bancaire actuel.
Enfin, il a insisté sur l’amélioration de la qualité et de la compétitivité des produits des PME pour faciliter leurs exportations. Il a proposé d’examiner des mécanismes tels que le crédit à la consommation et l’assurance contre les risques pour soutenir l’activité économique, compte tenu de l’utilisation persistante du chèque par 80 % des entreprises.
En somme, il a rappelé qu’en 2023, près de 64,1 % des PME ont réalisé des bénéfices, se rapprochant des niveaux d’avant la crise du COVID.